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I am the media, un doc où rien n’est vrai

3 mai 2010 Actu, création 2 Commentaires
I am the media, un doc où rien n’est vrai

Qui ?
Benjamin Rassat, réalisateur, auteur de « quand l’internet fait des bulles » (2007 , 500 000 spectateurs sur 13 eme rue et 500 000 spectateurs sur le Net en cinq ans), de « La légende d’Alain Mimoun » (2010) et aujourd’hui, de « I am the Media » (Générale de Production)

Quoi ?
Un tour du monde du narcissisme numérique en 6 mois et 15 pays, diffusé sur Arte le 30 mai à 14h, et en avant -première pour les membres de CB Web le Club le 17 mai à 19 h 30.

Pourquoi ?
La réputation numérique mixée avec l’explosion du blog vidéo incarné par des pionniers comme Loic Le Meur ou Robert Scoble.

Comment ?
En faisant un tour du monde. « J’avais envie de montrer que la technologie est globale et que la façon d’explorer son narcissisme est locale. En Occident, c’est l’exposition de soi, l’étalage de son intimité, depuis Rousseau. Le narcissisme japonais consiste à se cacher derrière une figure très connue du manga, par exemple. La Japo Américaine Magibon a un défaut de dentition et un menton proéminent. Pour ne pas montrer ses dents, elle ne dit pas un mot , et se filme par au dessus, ce qui fait ressortir ses yeux de manga. En quatre ans, elle est devenue un vrai phénomène. Qu’on pourrait comparer à Marlène Dietrich.

Qui est votre personnage préféré ?

L’Allemand  Florian Cramer est celui qui bosse le plus sérieusement. Il évolue  dans les profondeurs cryptées de l’internet, avec un travail sur  Beautiful agony.

On voit beaucoup Loic Le Meur…
C’est celui qu’on voit le moins, mais c’est celui qu’on remarque le plus Le charisme ne s’explique pas. Il pourrait faire une carrière d’acteur. On arrive d’ailleurs à un moment ou ces blogueurs récupèrent des problématiques d’artistes. Robert Scoble dit qu’il aimerait avoir mon micro. Mais dans trois ans, il n’aura plus rien  à apprendre de nous.

Ces bloguers sont-ils ouverts sur les autres ou sur eux mêmes ?
Ce sont des gens très cool. Ils sont intéressés par leur image mais aussi par les autres. Ils ont un narcissisme de lapinou par rapport à un Jean-Paul Goude, par exemple, qui fait un 52 minutes sur Empreintes où l’on n’entend que sa voix. Mais j’ai prévenu ces personnalités, en leur disant qu’ils allaient se consumer eux mêmes. On ne peut pas dire quelque chose d’intéressant tous les jours.  Ils ont compris qu’ils étaient des pionniers de quelque chose de méconnu. Le plus narcissique est Andrew Keen,  celui qui critique le narcissisme dans « le culte des amateurs ».

Pourquoi avoir récupéré le « geeggling baby » ?
C’est une sorte de point de reconnaissance, et la quintessence du blog vidéo. Car ce bébé a fait son premier geste de bloguer ce jour là, pour son père. Le spectateur peut se demander s’il s’agit de mon fils. Dans ce film, rien n’est vrai. Ces blogs ne font pas  1 million de visiteurs par jour. Et je n’ai pas réalisé Burning man, qui n’a pas eu de Caméra d’or à Cannes. J’ai fait un film où j’ai fait le média. J’ai montré tout ce qu’on peut faire. On peut raconter n’importe quoi mais il faut que ce soit vraisemblable.

Quel est le rôle de la télé et du Net dans la diffusion du film ?
La télé continue de fédérer un public sur un écran large, qui permet de créer une communauté d’intérêt. Elle finance 99 % du film. L’internet sert à tout le reste : voir le film n’importe quand, laisser un message, créer un engouement qui facilite les ventes à l’étranger. C’est pour cela que je renonce à mes droit pour  le Net. Les films doivent être vus. Arte a commandé le film mais ne s’en est pas servi. Ils ont eu l’impression que sa mise en scène le rendrait confidentiel. Alors que j’ai fait un film grand public, qui sera toujours visible, j’espère, dans 50 ans. Je préfère me confronter aux décideurs de chaîne  et les faire changer que d’abandonner le film ou de le confier à une marque. Car le Net est en train de tout changer, sans rien faire…

Votre prochain film ?
Ce sera au autour du clip de Justice par Romain Costa Gravas, le plus grand film français depuis cinq ans.

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il y a actuellement "2 Commentaires" sur cet article

  1. gpetit dit :

    Voici le commentaire publié par Camille Jouneaux de We are Social à l’issue de la projection, sur l’espace blueKiwi de CB Web le Club. .
    Le média est-il une personne ?”, telle était la thématique de la dernière session CB Web Le Club d’hier soir, qui a démarré par un débat entre Natacha Quester Semeon, Cédric Giorgi, Grégory Pouy et Cyril Paglino, en guise de présentation du dernier film “I Am the Media” du réalisateur Benjamin Rassat.

    Dans cette oeuvre à mi-chemin entre le reportage journalistique et la fiction parodique, Benjamin Rassat propose au spectateur une réflexion autour de la tentation narcissique provoquée par le web social. Avec pour leit-motiv “do you google yourself?”, “I Am the Media” porte d’ailleurs davantage sur la question du “I Am” que sur celle du “Media”. Selon le réalisateur, les médias sociaux permettraient une mise en abîme de soi-même ; on se regarde être regardé, on devient, aux yeux des autres, ce que Google dit de nous. Benjamin Rassat se joue de cet adage, baladant le spectateur entre fable et réalité, construisant des ponts entre les deux pour nous montrer que la frontière est parfois mince. Il se met d’ailleurs en scène dans une caricature de lui-même et s’invente un personnage dont l’existence est truffée de fausses vérités, fausses puisque non conformes à la réalité, mais vérités puiqu’elles ont été dites que certains les auront crues.

    Benjamin Rassat voit le web social comme un espace libérateur où l’on peut se créer un personnage parfois jusqu’à l’opposé de l’individu que l’on est en réalité. Ainsi, on dépasse ici l’angoisse orwellienne de 1984 qui nous montre l’être humain aliéné par une surveillance omniprésente pour une vision optimiste, exutoire d’un internet qui permettrait d’exister dans le regard des autres sous un jour différent. Sandrine qui n’a malheureusement pas pu assister à la projection hier soir, me souffle que cette angoisse orwellienne a d’ailleurs été largement abordée par Onti Timoner dans son film We Live in Public, dont les thématiques ne sont pas sans rappeler celles d’”I Am the Media”.

    La question de la gestion d’une pluri-identité est au coeur d”I Am the Media” avec l’idée d’une existence schizophrénique des individus partagés entre leur existence offline et leur existence online. J’emploi ici volontairement le terme “offline” au lieu du communément accepté “IRL” (In Real Life) qui implique qu’internet soit un monde fictif, or, il ne l’est pas. Nos comportements en ligne ne diffèrent pas tant que ça de la personne que nous sommes et il y aura toujours un internaute pour dénicher une fausse information, corriger votre page wikipedia s’il estime qu’elle ne dit pas toute la vérité, d’autant plus si vous êtes une marque. Pour prolonger cela, on peut d’ailleurs citer Jeremiah Owyang qui propose une théorie selon laquelle les individus tendent à n’avoir plus qu’une seule identité.

    Fort heureusement, Benjamin Rassat avoue lui-même que la réflexion telle qu’elle est proposée dans ce film ne correspond en fait que très peu à l’idée qu’il se fait réellement du web et de ses acteurs. En effet, il estime que les influenceurs sont des “narcissiques généreux”, qui ne sont pas présents sur internet pour se construire une histoire mais pour partager, recevoir et donner.

    D’ailleurs, au cours du débat animé par Geneviève Petit et Benjamin Rassat, les réponses se font assez unanimes. Les blogs des influenceurs présents sont des médias parce qu’ils sont émetteurs, vecteurs d’informations. De même que les humains sont des médias, peu importe leur audience, à partir du moment où ils partagent une information et génèrent du bouche-à-oreille, s’accordent à dire Gregory Pouy et Cyril Paglino. En revanche, quand bien même ils répondent tous “oui” à la question “do you google yourself?”, nos experts se refusent à se considérer comme des marques, se souvenant que les premiers blogs furent créés sans que leurs auteurs aient imaginé l’impact que cela allait avoir. Natasha a d’ailleurs réitéré plus d’une fois au cours du débat son intérêt pour le partage, les commentaires, le crowdsourcing en opposition au besoin de se montrer. Comme Cyril l’a mentionné, on note quoi qu’il en soit, qu’un influenceur peut être un ambassadeur à défaut d’une marque, tel que lui le fut pour Cacharel en février dernier.

  2. Soph92 dit :

    Lorsqu’on rencontre le réalisateur, on voit de suite qu’il a un soucis identitaire. Imbu de sa personne, il passerai des heures à parler tout seul, mais c’est encore mieux en public. Il ne parle que de lui, ne prête aucune attention à ce qui l’entoure; Que pouvait il faire comme autre film? Ce film colle vraiment à la personnalité du personnage. Un égo qui vient sans doute de l’éducation. Cet auteur qui explique à qui veut bien l’entendre qu’il est le meilleur réalisateur français, ou même un des meilleur…est entretenu par ses parents mais donne des cours sur la vie. Nous avons envie de lui expliquer des choses…Mais il ne comprendrai rien…! Alors nous allons le laisser croire qu’il fait parti des grands et peut être qu’à 70 ans, il aura fait au moins un docu qui a du fond et du poids!

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